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Fantan Mojah
decede

Fantan Mojah

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Biographie

Owen Moncrieffe naît le 5 août 1975 à Saint Elizabeth, dans le sud rural de la Jamaïque, cette région vallonnée où les champs de canne côtoient les légendes du reggae roots. Avant même d'atteindre l'âge de raison, le gamin participe aux petites compétitions de chant locales, ces concours de yard où l'on se mesure à coups de mélodies sous les manguiers. À neuf ans, il quitte sa campagne natale pour Kingston, la capitale rugueuse où se font et se défont les carrières.

Dans les sound systems de la ville basse, le jeune Owen fait ses premières armes sous un pseudonyme qui ne s'invente pas : Mad Killer, en hommage à son idole Bounty Killer. Il intègre le Killimanjaro Sound System, cette même écurie qui a forgé Sizzla quelques années plus tôt. Le dancehall coule dans ses veines, mais quelque chose manque encore.

Le tournant arrive en 1997. Moncrieffe se tourne vers le rastafarisme, et cette conversion spirituelle bouleverse tout : son regard sur le monde, son écriture, jusqu'à son nom de scène. Il se rapproche de Capleton et de la David House, ce collectif de feu qui porte haut la flamme roots conscious. Pour le prophète, il compose des textes, affûte sa plume. L'ancien Mad Killer choisit alors de se rebaptiser Fantan Mojah, Mojah signifiant « amour » dans un dialecte africain. Le tueur fou s'est mué en messager.

Mais sept années vont s'écouler avant que le grand public ne découvre ce nom. C'est en 2004 que tout bascule, avec Hungry sur l'Invasion Riddim, produit par DownSound Records. Le morceau frappe fort : la faim comme métaphore spirituelle, portée par une voix rauque et urgente. Fantan Mojah sort de l'ombre.

Les succès s'enchaînent alors : Hail The King, nyabinghi majestueux qui sonne comme une prière guerrière, ou Corruption sur le Dutty Rub Riddim, réquisitoire sans concession contre les politiciens véreux de Babylon. En 2006, Greensleeves Records compile ces singles dans l'album Hail The King, qui pose définitivement Fantan Mojah comme figure incontournable du reggae conscious des années 2000.

Son style ? Une voix rocailleuse, entre prêche et cri de guerre, qui doit autant à Capleton qu'aux anciens roots de Studio One. Des textes sans concession, nourris aux Écritures et à la réalité des ghettos. Fantan Mojah chante pour les affamés de justice, les oubliés du système, ceux qui attendent encore la délivrance promise.

L'homme fonde son propre collectif, la Macka Tree Family, et arpente les scènes internationales, du SummerJam allemand aux festivals européens qui l'accueillent comme un prophète. Deux autres albums suivront : Stronger en 2008, puis Soul Rasta en 2016, confirmant une carrière construite sur la durée plutôt que sur les effets de mode.

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